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Sarah Yellis : Je suis une Brobro des montagnes !

Kaviya, je suis, j’ai glissé de ma montagne. Glissé vers des contrées où on m’a toujours sommée d’être ce que je n’ai jamais été. Moi qui me sens «patriote de toutes les patries opprimées », pour paraphraser feu dda Lounès, ai subi les pires procès d’intention. On m’a appris à épouser les causes des autres (au demeurant justes, pour certaines, comme pour la Palestine) et à me détester moi-même. Brobro, je suis. Brobro quand les matraques s’abattaient sur moi à Tizi Ouzou en 1980, Brobro quand Chadli a sorti l’armée des casernes pour tuer l’espoir d’Octobre 1988, Brobro quand des jeunes algérois nous traquaient dans les rues de la capitale en 2001, Brobro quand je voulais manifester ma solidarité aux Mozabites…

Brobro, j’étais bien seule dans les marches de protestation, vite réprimées par un pouvoir qui refuse toute voix discordante. Le même pouvoir qui offre casquettes et t-shirts aux partisans de Fakhamatuhu. Le même pouvoir qui encourage les manifestations pour la Palestine, l’Irak, etc. Oui, je suis Brobro. L’universalité commence par mon village, haut perché, méprisé par ces mêmes autorités qui ont violé mon identité. Le comités de village n’ont pas de moyens, qu’ils compensent par une volonté farouche et une créativité admirable.

Si «Je pleure (aujourd’hui) comme une femme », ou comme un homme d’ailleurs (pourquoi cette misogynie ?), c’est parce que c’est mon frère qui m’a frappée, encore et toujours. «Si tu vois un Kabyle pleurer (oui, un), dis-toi que c’est son frère qui l’a frappé ». Un proverbe brobro, ancestral. Aucune haine, même celle de soi-même, n’est tolérable. Alors, mon frère dans l’humanité, je suis à tes côtés quand tu subis un torrent d’insultes insupportable. La Brobro que je suis a toujours une tasse de café pour les personnes de passage. Viennent-ils d’Alger ou de Gaza. L’universalité commence dans mon village.

1 commentaire

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  • Rien que pour ça, j’étais, je suis, et je resterai Brobro n’en déplaise à ceux qui ne s’y reconnaissent car nous le sommes tous, depuis Alger ( pas les hauteurs ) à Tam et de Annava à Tala-yemsan !