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Chroniques

Sarah Yellis : Johnny Macron à Alger, une anormalité ordinaire

Emmanuel Macron à Alger, Johnny Halliday au-delà, deux voyages au retour incertain. Un passé qui refuse de se décomposer. Ou quand la clicocratie, (mais si ça existe), hiérachise (verbe du premier clic), décide de l’importance de l’information. Donc, c’est l’idole des jeunes, pas le plus jeune des présidents, qui est sur le haut du podium. La mort et la vie, la première l’emporte toujours. La mort, comme ces élans maintes fois répétées pour ouvrir une nouvelle page des relations France-Algérie. A force de vouloir prendre des élans, les sprinters s’épuisent avant de sauter. La mort, une continuité de la vie. Un continuum logique. Un jeune président qui parcourt les rues d’Alger sans son homologue, collé à son fauteuil roulant. Johnny Halliday parti à 74 ans, Emmanuel Macron (39 ans) parcourant les rues (rafraîchies, vidées de l’opposition et de la circulation) du centre d’Alger, Abdelaziz Bouteflika (80 ans) absent. Un tableau à la Norman Rockwell; figé dans un temps fantasmé. La mémoire donc. Laquelle ? Celle d’un Johnny période yéyé, d’un Boutef assurant en 1965 que le coup d’Etat Boumèdiene est un un redressement révolutionnaire, celle d’Emmanuel Macron qui récuse l’héritage colonial ? Où celle des temps incertains où les Algériens (vieux, jeunes, riches, pauvres…) ne rêvent que d’un ailleurs hypothétique ? Ce 6 décembre, anniversaire de la disparition de Frantz Fanon, est un jour si ordinaire qu’il est éclipsé par Johnny Hallyday, malgré lui. L’Algérie, un pays jeune gouverné par un octogénaire, la France, un pays vieux dirigé par un quadragénaire. Ironie de l’histoire. Noir, c’est noir….